Emblème de santé, de performance, de beauté et d’ambition, le sport et l’activité physique sont perçus comme étant des moyens sains d’atteindre des objectifs de poids et de silhouette… Mais quand est-ce que l’exercice physique devient plus nocif que bénéfique pour la santé?

Loin de nous de proscrire l’exercice physique dans le cadre d’un mode de vie sain et équilibré, l’activité physique est un facteur indéniable pour maintenir la santé et des saines habitudes de vie. Ainsi, c’est plutôt lorsque l’exercice préoccupe nos pensées de façon excessive et empiète sur nos activités de vie quotidienne, qu’il faut se demander s’il n’y a pas un excès d’exercice physique.

En excès, l’exercice physique peut devenir un mode de compensation en vue de se conformer aux normes irréalistes de beauté et de perfection imposées par notre société. Par conséquent, cette forme de compensation peut avoir plusieurs effets néfastes pour la santé physique et psychologique.

Comment reconnaitre un excès?

Généralement un excès d’exercice survient lorsque l’activité en soi prend une trop grande place dans l’espace temps d’une personne, lorsque  la préoccupation envers l’exécution de l’activité physique devient obsessive, puis lorsque les autres sphères de la vie quotidienne de l’individu deviennent influencées ou affectées par cette préoccupation excessive.

Par conséquent, ceux qui pratiquent de l’exercice en excès peuvent planifier leurs horaires et leurs journées autour de leurs objectifs d’activités physiques, menant souvent à la diminution du temps attribué normalement au travail, à l’école, à la famille et aux amis. Ces individus peuvent justifier leurs activités par une peur importante de prendre du poids s’ils ne font pas assez d’exercice, ainsi des fortes sensations de culpabilité peuvent survenir s’ils ne peuvent réaliser une activité physique avec autant d’intensité que souhaité, puis dans un cadre de temps qui leur semble approprié. Chez les athlètes, une surcompensation avec l’exercice physique peut être observée lorsque l’athlète effectue des sessions d’activités physiques en plus de son programme d’entrainement régulier, par exemple.

Les conséquences de l’excès

Bien que l’exercice a énormément de bienfaits pour la santé sur le plan physique et psychologique, en excès il peut avoir un effet néfaste pour la santé. En ses débuts, un exercice physique ou un plan d’entrainement se pratique généralement de manière saine et appropriée, toutefois plus cette pratique est perçue comme étant un moyen compensatoire pour «bruler des calories», plus l’exercice physique devient abusif, puis le besoin de recourir à cette forme compensatoire devient hors de contrôle. Cette pratique excessive est d’autant plus présente chez les individus aux prises avec un trouble alimentaire, soit cette pratique est observée chez environ 80% de cette clientèle (Bratland-Sanda et al. 2010).

En pratiquant l’exercice de façon excessive, ces individus seront plus propices à développer des blessures et de l’inflammation musculaire, osseuse, puis au niveau des jointures, des ligaments et des tendons. Ces individus peuvent aussi souffrir de troubles cardiaques, d’aménorrhée, de déshydratation importante, de fatigue et d’une diminution du système immunitaire.

Contrairement à ce que plusieurs sportifs recherchent, cette pratique excessive d’exercice cause une diminution de la masse musculaire par la diminution du métabolisme basal, étant donné le faible état nutritionnel des individus aux prises avec un trouble alimentaire et qui utilise l’exercice physique comme un mode compensatoire important.

Les conséquences pour la santé psychologique peuvent être d’autant plus importantes lorsque la pratique excessive d’exercice entraine un isolement social et des troubles au travail ou à l’école, par la diminution de l’importance apportée à ces autres sphères de la vie. Par ailleurs, la non conformité aux exigences et aux objectifs élevés de performance recherchés par l’activité physique de pair avec un trouble de comportement alimentaire et le besoin de toujours se surpasser peut créer énormément de stress, d’anxiété et de dépression chez ces individus.

Immergé dans une société qui prône la performance et la beauté comme étant un emblème du bonheur, puis qui idéalise le corps du sportif ; découpé et mince, comme étant le corps parfait, il faut peut-être s’arrêter pour réfléchir jusqu’à où on est prêt à aller et jusqu’à combien on est prêt à sacrifier sa santé pour atteindre cette fausse impression de réalisation de soi et de bonheur.

Karah Stanworth Belleville DtP, Msc (c).


Sources:

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